
La onzième session de UN-GGIM : Africa réunie à Accra avait émis une recommandation relative au leadership appelant à:
« Collaborer avec la CEA et le Centre mondial des Nations Unies pour la connaissance et l’innovation géospatiales en vue de promouvoir le leadership géospatial dans le cadre d’une formation personnalisée au leadership géospatial en Afrique, mettant l’accent sur les compétences non techniques pour la mobilisation des décideurs et l’affirmation de la valeur, afin de constituer un corps de champions africains chargés de promouvoir la mise en œuvre du Cadre intégré de l’information géospatiale et de propulser l’Afrique vers l’excellence géospatiale auto entretenue ».
Dans ce blog je reviens sur l’United Nations Geospatial Knowledge and Innovation Week 2025 (UN GeoNow 2025), qui s’est tenue à Deqing (Chine) du 20 au 24 octobre 2025, organisé par UN-GGKIC, avec un accent sur le leadership geospatial.
Pr. Abbas Rajabifard (Director, Centre for Spatial Data Infrastructures and Land Administration – CSDILA, Université de Melbourne) y avait présenté une vision du leadership géospatial, à savoir que l’Université de Melbourne organise une formation sur le Leadership Géospatial:
https://eng.unimelb.edu.au/csdila/news/events2/geospatial-leadership-training-and-global-forum
Le Leadership dans la Gouvernance Géospatiale
Cette présentation, met en lumière comment transformer les données, technologies et plateformes géospatiales en connaissance fiable et actionnable au service des grands défis mondiaux.

Selon le Pr. Rajabifard, le Geospatial Leadership se définit comme :
« La capacité à transformer les technologies, les données, les outils et les plateformes en connaissance fiable et valorisée, et à l’aligner sur des décisions réelles et intersectorielles. »
Les 4 piliers fondamentaux du leadership géospatial
- Vision : Fixer une direction claire et un objectif commun aligné sur les ODD et les priorités nationales.
- Influence : Inspirer par la communication et l’action.
- Empowerment : Développer l’autonomie et la croissance des équipes.
- Accountability : Assumer la responsabilité des résultats.

https://ggim.un.org/meetings/2025/UN_GeoNow/documents/21Oct_Abbas_Rajabifard.pdf
Rôle central dans la gouvernance géospatiale

Le leadership est le levier principal de la Strategic Pathway 1 de l’UN-IGIF (Governance and Institutions). Il permet de passer :
- D’une gouvernance fragmentée et de données non vérifiées (qui fragilisent infrastructures, assurance, gestion des crises)
- À des systèmes coordonnés, éthiques et résilients.
Le leadership exige une vision, suscite le changement et se concrétise par la mise en œuvre d’une stratégie nationale de gestion de l’information géospatiale.
Le leadership est le moteur du changement et se concrétise par la mise en œuvre d’une stratégie géospatiale nationale qui décrit clairement les priorités stratégiques du pays et la manière dont l’information géospatiale peut être utilisée pour répondre à ces priorités. Le leadership, c’est avoir une vision, la capacité de prendre des mesures positives et de connaître les tactiques pour réaliser cette vision. Avec un leadership fort, tout est possible; sans leadership, il n’y a pas grand-chose que l’on puisse réaliser.
https://ggim.un.org/UN-IGIF/documents/FR_SP1_Gouvernance_et_institutions.pdf
Actions concrètes attendues des leaders :
- Réguler la qualité des données et travailler sur l’ouverture des données (open data).
- Créer un écosystème géospatial compétitif, éthique et résilient.
- Surmonter les barrières : fragmentation institutionnelle, manque d’interopérabilité, biais des algorithmes GeoAI, gaps de compétences.
- Équilibrer innovation et gouvernance éthique pour des résultats justes, inclusifs et durables.
Le leadership doit également :
- Renforcer la capacité nationale de mise en œuvre de l’UN-IGIF.
- Inspirer la pensée innovante et construire un écosystème d’applications.
- Aligner les trois piliers de l’UN-IGIF : Gouvernance – Technologie – Personnes.
Le besoin en leadership de la profession Géospatiale
L’article de GIM international d’avril 2026 met en évidence le paradoxe : les professionnels géospatiaux sont indispensables pour relever les grands défis mondiaux (climat, villes durables, économie numérique), mais restent souvent invisibles dans les décisions stratégiques.
La présentation du Pr. Rajabifard à l’UN GeoNow 2025 apporte la réponse : le leadership transformationnel est le maillon manquant. Il rend visible la valeur de la géospatiale, brise les silos et impose une gouvernance moderne.
En Afrique, ce leadership est particulièrement stratégique pour transformer les données géospatiales en levier de développement durable, de résilience climatique et d’inclusion.
Conclusion
Le leadership géospatial n’est pas une question de technologie seule, mais de vision, d’éthique et de gouvernance. Comme le souligne le Pr. Rajabifard : « Geospatial data is not just critical — it is Transformative. »
Pour les décideurs africains, les agences nationales de cartographie et les institutions dont appelées à :
- Investir dans le renforcement des capacités de leadership géospatial.
- Aligner les stratégies nationales sur l’UN-IGIF.
- Identifier des champions qui portent la transformation.
Pour un géospatial, connecté et durable, le leadership est la clé.
Encore faut il être en mesure d’en évaluer l’évolution et l’impact.
D’où l’importance de la recommandation de UN-GGIM: Africa 11, relative à l’élaboration d’un index africain du développement Geospatial, objet de mon prochain blog.
Références
https://www.uneca.org/eca-events/sites/default/files/resources/documents/com/2026/2501296e.pdf.
https://www.gim-international.com/content/article/the-geospatial-profession-s-paradox


