
Le renforcement du rôle du secteur privé, appelé de ses vœux par Sa Majesté le Roi, ouvre de nouvelles perspectives pour l’information géospatiale, l’administration foncière et la coopération Sud-Sud africaine.
Introduction
À l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la douzième législature, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a fixé les grandes orientations de la prochaine phase de développement du Royaume, en mettant notamment l’accent sur la souveraineté économique, le développement territorial, l’emploi, l’efficacité de l’action publique et le renforcement du rôle du secteur privé.
Si cette vision concerne l’ensemble de l’économie nationale, elle trouve une résonance particulière dans le secteur géospatial, dont les acteurs publics, professionnels et privés contribuent désormais à la modernisation du territoire national et à l’exportation du savoir-faire marocain en Afrique.
A cet égard, Nous exhortons le secteur privé à renforcer son rôle en tant qu’acteur stratégique de la transformation qui s’opère dans notre pays à la faveur de son développement.
Nous l’engageons aussi à se montrer plus entreprenant, plus créatif et plus apte à créer des opportunités d’emploi et à développer ses capacités d’investissement et d’exportation.
Le secteur géospatial : un levier de souveraineté économique
La souveraineté économique évoquée dans le Discours Royal ne concerne pas uniquement les secteurs industriels traditionnels.
À l’ère de l’économie numérique, l’information géospatiale constitue une infrastructure stratégique indispensable à :
- la sécurisation foncière ;
- l’aménagement du territoire ;
- l’investissement public ;
- la gestion des ressources naturelles ;
- la transition numérique ;
- la résilience climatique.
La maîtrise des données géographiques devient progressivement un facteur de compétitivité et de souveraineté comparable à celui des infrastructures énergétiques ou numériques.
Un modèle marocain déjà en construction
Le Maroc dispose aujourd’hui d’atouts sur lesquels il peut bâtir:
Un leadership institutionnel reconnu
L’ANCFCC assure actuellement la présidence du Bureau exécutif de UN-GGIM: Africa et participe aux travaux internationaux portant sur l’administration foncière et la gestion du territoire.
Une gouvernance professionnelle structurée
L’ONIGT poursuit le développement de partenariats avec plusieurs organisations professionnelles africaines et contribue à la diffusion des bonnes pratiques en matière de géomatique et de foncier.
Un secteur privé en capacité d’exporter
Des entreprises marocaines démontrent la capacité du secteur privé national à intervenir sur de grands programmes de sécurisation foncière et de modernisation cadastrale en Afrique.
Le secteur privé : le chaînon stratégique de l’offre marocaine
Le Discours Royal invite à renforcer la contribution du secteur privé à la création de richesse et d’emplois.
Dans le domaine géospatial, cette orientation pourrait se traduire par :
- une meilleure intégration des entreprises géospatiales dans les stratégies nationales d’exportation ;
- un soutien à l’innovation dans les domaines des drones, de la cartographie numérique et des SIG ;
- une participation accrue du secteur privé aux projets africains de transformation foncière et territoriale ;
- le développement de partenariats public-privé fondés sur les standards internationaux.
L’expérience africaine montre que la réussite des grands programmes d’administration foncière dépend autant de la qualité des institutions que de la capacité opérationnelle des entreprises chargées de leur mise en œuvre.
De la coopération sectorielle à l’Écosystème Géospatial Maroc
L’enjeu n’est plus seulement de promouvoir des institutions ou des entreprises prises isolément.
Il s’agit désormais de construire une véritable marque collective : « Écosystème Géospatial Maroc »
reposant sur quatre piliers complémentaires :
- les institutions publiques ;
- les organisations professionnelles ;
- les entreprises privées ;
- les établissements de formation et de recherche.
Cette approche permettrait au Maroc de présenter aux partenaires africains une offre intégrée couvrant :
- la gouvernance géospatiale ;
- l’administration foncière ;
- la cartographie ;
- les infrastructures de données spatiales ;
- le renforcement des capacités ;
- la transformation numérique territoriale.
Une contribution à la justice spatiale
Le Discours Royal rappelle l’importance d’une justice sociale et spatiale renforcée.
Cette ambition correspond parfaitement à la vocation du secteur géospatial.
En effet, une information géographique fiable permet :
- une meilleure répartition des investissements ;
- une planification territoriale plus équitable ;
- une sécurisation des droits fonciers ;
- un accès élargi aux services publics ;
- une réduction des inégalités territoriales.
L’information géospatiale devient ainsi un instrument de cohésion nationale autant qu’un moteur de développement économique.

Conclusion
Le Discours Royal du 9 octobre 2026 constitue bien davantage qu’une feuille de route économique. Il offre un cadre stratégique dans lequel le secteur géospatial marocain peut pleinement s’inscrire.
Le renforcement du rôle du secteur privé, combiné au leadership continental de l’ANCFCC, à la diplomatie professionnelle de l’ONIGT et à la montée en puissance des entreprises marocaines en Afrique, crée les conditions favorables à l’émergence d’un véritable Écosystème Géospatial Maroc capable de contribuer simultanément à la souveraineté économique du Royaume, à la justice territoriale et à la coopération Sud-Sud africaine.
L’heure n’est plus à démontrer le potentiel du secteur géospatial marocain. L’enjeu est désormais de l’organiser comme un écosystème national capable de transformer le savoir-faire en influence, l’expertise en exportation et la donnée géographique en levier de souveraineté et de développement pour l’Afrique.

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