Le satellite MOHAMMED VI – A : de nouveaux moyens pour la cartographie et le  cadastre au Maroc

C’était à 1h42 mn 31s (heure de Rabat), du matin du Mercredi 08 Novembre 2017 que la fusée de type VEGA, de fabrication italienne, portant le satellite d’observation marocain, a été lancée avec succès.

D’abord appelé Morocco EO Sat1 puis rebaptisé Mohammed VI-A, le premier satellite d’observation de la Terre marocain a rejoint son orbite depuis Kourou.

Mohammed VI-A est un satellite d’observation de la Terre réalisé par le consortium Thales Alenia Space en tant que mandataire et Airbus en co-maîtrise d’œuvre pour le Royaume du Maroc . Il sera complété en 2018 par un jumeau afin de former une constellation de type Pléiades améliorée avec une résolution de 70 cm, une fauchée de 20 km et une capacité de revisite quotidienne de l’ensemble du territoire marocain.

Le satellite fournira des images hautes résolutions utiles  notamment aux activités cartographiques et cadastrales, à l’aménagement du territoire, au suivi des activités agricoles, à la prévention et à la gestion des catastrophes naturelles, au suivi des évolutions environnementales et de la désertification ainsi qu’à la surveillance des frontières et du littoral.

Un manque flagrant d’information et communication sur le projet

Le lancement réussi du satellite marocain d’observation de la terre  a été caractérisé par une  absence de  communication officielle du coté marocain  avant le  lancement[1].

La composition de la délégation marocaine ayant assisté au lancement  du satellite a fait naitre d’autres questions sur les sources du financement du projet, restées sans réponse[2].

Ce déficit d’information  qui a  entraîné  beaucoup de spéculations et désinformation, a été partiellement  comblé par  des opérateurs en charge du projet.

(Délégation marocaine présente lors du lancement)

Une dimension politique importante

Le lancement de ce satellite marocain d’observation démontre particulièrement l’aspect politique que peut revêtir la conquête spatiale.

La presse ayant  surtout mis l’accent sur des supposées  usages  pour les besoins de renseignements militaires, et les inquiétudes de pays voisins Algérie et Espagne, occultant ainsi les usages civiles du satellite.

Surtout que l’Algérie  dispose d’une agence spatiale  et   d’un Programme Spatial National Adopté  le 28 novembre 2006 et s’étalant sur 15 ans (2006 – 2020).

L’Algérie a d’ailleurs lancé début décembre 2017,  le sixième satellite de son histoire –celui-ci dédié aux télécommunications –en partenariat avec la Chine[3].

Le Maroc avait déjà lancé le 10 Septembre 2001 un satellite baptisé Maroc-TUBSAT, un micro-satellite faisant partie du programme TUBSAT, conçu conjointement par le Centre royal de télédétection spatiale (Maroc) et l’Institut d’aéronautique et d’astronautique de l’Université technique de Berlin.

Maroc-TUBSAT a été placé en orbite par un lanceur russe Zenit de la base de Tyuratam(Cosmodrome de Baïkonour, Kazakhstan), le 10 décembre 2001. Le satellite est arrivé en fin de vie.

D’autres pays africains ont lancé des satellites

Par  ailleurs, d’autres  satellites appartenant à des États africains ont été lancés  dans l’espace.

Le Ghana  et l’Angola ont ainsi lancé des satellites  en 2017, rejoignant  l’Algérie, l’Égypte, le Nigéria et l’Afrique du sud.

Le Nigeria a créé son agence spatiale dès 1999, la National Space Research and Development Agency (NASRDA). Opérationnelle le 1er août 2001, elle met en orbite son premier satellite deux ans plus tard : NigeriaSat-1, construit en collaboration avec l’entreprise britannique.

L’Afrique du sud, quant à elle, aura attendu 2010 pour mettre sur pied sa propre agence spatiale, la Sansa. Cependant, le premier satellite sud-africain SunSat avait été lancé en 1999, avec l’aide de la NASA.

 L’initiative spatiale de l’Union Africaine

Il’y a  aussi lieu de rappeler  l’existence d’une initiative spatiale de l’Union Africaine, et que le développement d’une politique et d’une stratégie spatiales africaines  a été initié par le groupe de travail  composé de dix États membres. Un projet de politique spatiale a été élaboré et  présenté entre autre  aux conférences ministérielles de l’UA sur la S & T et la météorologie[4].

L’initiative de surveillance mondiale de l’environnement et de la sécurité (GMES) est l’un des programmes de la mission d’observation de la Terre du Programme spatial africain en cours de développement. Ce programme vise à établir un renforcement des capacités à long terme et un partenariat entre l’Union Africaine et l’Union Européenne.

L’objectif est de fournir des services durables, fiables et opportuns dans les domaines de l’environnement et de la sécurité. GMES & Africa est une extension du programme européen Copernicus en Afrique.

L’objectif principal du plan d’action est de permettre à l’Afrique de tirer pleinement parti du potentiel des systèmes spatiaux pour le développement durable et de renforcer la capacité du continent à utiliser et à contribuer à des applications de télédétection. Le plan d’action a identifié neuf domaines thématiques prioritaires.

Conclusion

Pour que  le pas technologique  important franchi par le Maroc puisse contribuer efficacement au développement durable, il serait nécessaire  de mettre à niveau le cadre légal et  les arrangements institutionnels afin de favoriser une large coopération pour l’exploitation des données qui seraient fournies le satellite. Ceci devrait s’accompagner par un renforcement des capacités en  formation et R&D dans le domaine, ainsi que  le développement des échanges,   notamment  à l’échelle africaine.

C’est en effet  aux bons usages et exploitation des données fournies par ce satellite dans les divers secteurs sociaux, économiques et environnementaux,  que pourrait se mesurer l’impact et  la réussite de ce programme.

 

Références

http://www.arianespace.com/press-release/vv11-success/

http://space.skyrocket.de/doc_sdat/mohammed-6.htm

https://spaceflightnow.com/2017/11/08/moroccos-first-high-resolution-surveillance-satellite-launched-aboard-vega-rocket/

https://www.nasaspaceflight.com/2017/11/arianespace-vega-mohammed-vi-a-launch/

https://www.youtube.com/watch?v=XAh1BAcDpCk&feature=youtu.be

http://www.innovantmagazine.ma/le-satellite-mohammed-vi-a-un-satellite-dobservation-de-la-terre-place-en-orbite-sso-heliosynchrone/

http://decryptageo.fr/le-maroc-maintenant-son-satellite-dobservation-de-la-terre/

https://www.medias24.com/MAROC/Les-plus-de-Medias-24/178022-Satellite-Mohammed-VI-A-les-membres-de-la-delegation-marocaine.html

https://financenews.press.ma/article/alaune/le-satellite-mohammed-vi-un-outil-determinant-pour-les-cadastres

[1] http://telquel.ma/2017/10/28/les-mysteres-satellites-espions-marocains_1566451

[2] http://www.lesiteinfo.com/maroc/qui-a-finance-le-satellite-mohammed-vi-a/

http://www.economie-entreprises.com/exclusif-mais-qui-a-finance-notre-satellite/

[3] http://www.asal.dz/psn.php

http://icaci.org/files/documents/ICC_proceedings/ICC2013/_extendedAbstract/30_proceeding.pdf

[4] https://au.int/sites/default/files/newsevents/workingdocuments/33178-wd-african_space_stragegy-_st20445_f.pdf

https://au.int/sites/default/files/newsevents/workingdocuments/33178-wd-african_space_policy_-_st20444_f.pdf

 

Cadastre, politique foncière et administration du foncier

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La Direction de l’Aménagement du Territoire du Ministère de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire vient de lancer l’appel d’offres sur offres de prix n° 25/2014 relatif à L’élaboration de la Stratégie Nationale de Gestion du Foncier.

Par ailleurs le ministère de l’agriculture a lancé en parallèle, un appel d’offre l’étude pour l’établissement d’un registre agricole au profit de la Direction de la Stratégie et des Statistiques. Cet AO est ouvert aux bureaux d’études détenteurs du certificat d’agrément D13 (Etudes générales).

Les deux Initiatives sont  louables car  se veulent  combler un déficit  flagrant dans le domaine, mais

je me devais de faire quelques observations à ce propos, en abordant dans ce qui suit,  les aspects  suivants :

– Cohérence des politiques sectorielles

– L’absence d’une infrastructure nationale de données geospatiales.

– Rôle de l’IGT

1- Cohérence des politiques sectorielles

Je retiendrai  à ce propos l’avis du conseil Economique Social et  Environnemental  (CESE):

http://www.cese.ma/Pages/Auto-saisines/AS_16_2014-Coherence-des-Politiques-Sectorielles-et-ALE.aspx

Surtout,   ce qui a trait aux politiques transversales  de gestion des ressources stratégiques partagées, comme  le foncier.

http://fr.slideshare.net/NajlaeBenmbarek/rapport-du-cese-sur-la-cohrence-des-stratgies-sectorielles-et-des-accords-de-librechange

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2- Absence d’une Infrastructure nationale des données géospatiales

C’est un sujet que j’avais abordé dans la présentation : ‘Les politiques et stratégies nationales des TIC
et Administration du foncier’, au 4ème Congrès National de l’ONIGT « Pour un foncier au service du développement « 25-26 novembre 2005 Rabat, Maroc, et aussi récemment dans la communication : ‘Les stratégies et plans nationaux  de l’information Géospatiale  et  administration du Territoire ‘, aux Journées de l’Ingénierie Topographique, Semaine du Géomètre 2014 , APIT Gabon ,LIBREVILLE 27, 28 et 29 Mai 2014.

http://fr.slideshare.net/mtimoulali/landad-gabon-38555757

L’importance de l’infrastructure Nationale des Données Géographiques  y sont traitées, dans  le cadre  d’un politique nationale  de l’information géospatiale  (INDG), en ligne avec les exigences citées ci-dessus, des cohérences des politiques sectorielles.

A cette occasion il faudrait souligner le rôle important que devrait jouer le cadastre dans l’administration moderne du foncier, en tant que noyau de l’INDG.

http://esripress.esri.com/display/index.cfm?fuseaction=display&websiteID=165

Ce qui nous emmène à parler du rôle de l’IGT

3. Le rôle de l’IGT

Afin d’éviter de me répéter, je me contenterai de citer quelques références où j’avais abordé cette question importante, en espérant que nos instances professionnelles prennent la mesure de la gravité de la situation, et de réagir face à ce qui est devenu une volonté systématique de certaines administrations marocaine  d’exclure/ minimiser le rôle de  l’IGT dans des  domaines dont il détient l’expertise, ainsi que les   outils méthodologiques et techniques, et surtout de  capitaliser sur les expériences et réalisations positives ou négatives dans ce domaine.

– Systèmes d’information géographiques et gestion du territoire, revue Topographie et Foncier, N° 3 juillet 1993

– L’impact des SIG sur la profession d’IGT, Revue de l’ANITOP, Septembre  1995

– Les systèmes d’aide à la décision spatiale : quel rôle pour l’IGT, Troisièmes journées nationales de topographie, Marrakech, 14-45 mars 1997

Parmi les études antérieures ayant  déjà tracé le contour  d’une solution  pour l’administration du foncier au Maroc , on peut citer:

http://quebec2007.mrn.gouv.qc.ca/pdf/salle204b/seance7/presentations/serge_kena_cohen.pdf

Il s’agit d’une révision totale de tout le système actuel, dans une vision combinat cadastre et immatriculation foncière d’ensemble (IFE), et ce dans un nouvel environnement juridique et technique.

S’agissant du rôle de l’IGT dans la gestion et l’administration du foncier voilà un  avis indépendant:

ps://www.fig.net/pub/monthly_articles/september_2013/byamugisha.pdf